- 26/02/2025
- Publié par : Wadie Belamkaddam
Le concept de Lakehouse réunit les avantages des data lakes et des entrepôts de données, permettant aux entreprises de centraliser et analyser efficacement des données structurées et non structurées. Databricks offre une plateforme puissante pour exploiter cette architecture avec des capacités avancées de traitement, tandis que Power BI transforme ces données en visualisations exploitables. Ensemble, ils garantissent performance, flexibilité et précision pour répondre aux besoins stratégiques.
Dans cet article, nous abordons les meilleures pratiques et techniques d’optimisation recommandées par les éditeurs pour exploiter au maximum cette synergie entre Databricks et Power BI.
Pourquoi Databricks et Power BI sont-ils un duo gagnant ?
Databricks est une plateforme créée par les fondateurs d’Apache Spark, l’un des moteurs de traitement de données distribuées les plus populaires au monde. Conçue pour offrir une solution unifiée, Cette plateforme excelle dans les charges de travail complexes, comme l’apprentissage automatique et le traitement de données massives. Contrairement à Snowflake, qui est reconnu pour ses performances exceptionnelles dans le domaine de l’entreposage de données, Databricks surpasse Snowflake dans les cas d’usage impliquant le machine learning et le traitement intensif de données non structurées. Par ailleurs, Databricks offre une architecture plus flexible, adaptée à une grande variété de scénarios analytiques et scientifiques. Ce positionnement met en évidence la puissance de Databricks dans les environnements Big Data complexes.
Autre Avantage de Databricks : L’architecture Lakehouse. Databricks combine le stockage économique des data lakes avec les performances des entrepôts de données. L’architecture lakehouse centralise les données brutes, semi-structurées et structurées dans un environnement unifié, garantissant à la fois intégrité grâce aux transactions ACID et flexibilité pour des cas d’usage variés comme la BI ou le machine learning. Avec des fonctionnalités comme OPTIMIZE et ZORDER, les performances des requêtes analytiques complexes sont optimisées, permettant une analyse rapide des données.

Power BI : Exploiter les capacités du Lakehouse
Côté Power BI, bien que Databricks propose de plus en plus d’outils de visualisation et d’analyse, Power BI reste largement adopté dans les entreprises pour plusieurs raisons stratégiques. Tout d’abord, Power BI offre une interface intuitive qui ne nécessite pas de compétences techniques avancées, ce qui permet aux utilisateurs métiers de créer et déployer rapidement des rapports sans dépendre des équipes techniques. Ensuite, Power BI est également un choix historique pour les entreprises, bénéficiant d’une profonde intégration avec l’écosystème Microsoft, y compris Excel, Teams et SharePoint, ce qui en fait un outil familier et accessible. Enfin, ses fonctionnalités avancées, telles que la connectivité à des sources multiples, les tableaux de bord interactifs et les visualisations dynamiques, en font un allié indispensable pour transformer des données complexes en insights exploitables. En comparaison, les outils de visualisation dans Databricks, bien qu’efficaces pour des analyses techniques, restent plus limités en termes d’accessibilité pour les non-techniciens et d’interactivité dans la présentation des données.
Best Practices pour l’Optimisation des Performances
L’intégration entre Databricks et Power BI peut être puissante si elle est correctement optimisée. Sans une bonne gestion des données, des connexions et des modèles, les performances peuvent souffrir. Voici des pratiques essentielles pour maximiser la vitesse et l’efficacité, accompagnées d’exemples concrets issus de projets.
1. Exploitez les Tables Delta pour une Gestion Optimisée
Pourquoi les Tables Delta ?
Les Delta Tables de Databricks sont une extension de Spark SQL, spécifiquement conçue par Databricks pour améliorer la gestion et la performance des data lakes. Ces tables permettent des lectures et écritures rapides grâce à des mécanismes comme les transactions ACID, la gestion des versions, et l’optimisation automatique des requêtes. Elles sont particulièrement adaptées pour les systèmes analytiques complexes et les workflows exigeant une grande fiabilité des données.
- OPTIMIZE : Cette commande réorganise les fichiers de données dans une table Delta, réduisant le nombre d’opérations d’E/S lors des lectures. Sur une table de 1 milliard de lignes, OPTIMIZE a permis de réduire les temps de requêtes de 60 %.
- ZORDER : Cette commande optimise l’organisation physique des données sur disque. Elle trie les données selon une ou plusieurs colonnes-clés pour améliorer la localité des données. Cela permet à Spark d’éviter des scans inutiles et de cibler uniquement les blocs pertinents.
Ce principe peut être vu comme une forme de Liquid Clustering, où les données sont organisées de manière fluide en fonction des colonnes fréquemment interrogées. Cette approche maximise les performances des requêtes, même dans des environnements de données massifs et complexes.
Exemple :
Prenons exemple d’une table dans databricks

Cette table prend 47 fichiers en mémoire et une simple requête s’exécute en 41 sec

Après exécution des commandes d’optimisation:

On remarque que le temps d’exécution de la requête a diminué pour cette table : 25sec


On remarque qu’ici le nombre de fichier a augmenté et devient 64 fichiers, cela s’explique par la logique de réorganisation adoptée par Databricks, qui vise à créer des fichiers optimaux en termes de taille (environ 128 Mo). En divisant de gros fichiers en plusieurs plus petits, Databricks améliore la parallélisation et la localité des données. Bien que le nombre de fichiers puisse augmenter, les performances des requêtes s’en trouvent généralement améliorées grâce à une réduction des lectures inutiles et une meilleure gestion des E/S.
Attention ! La différence entre le Zordering et le Partionnement est la suivante : Si vous prévoyez qu’une colonne sera fréquemment utilisée dans les filtres des requêtes et qu’elle possède une forte cardinalité (c’est-à-dire un grand nombre de valeurs distinctes), il est recommandé d’utiliser la commande ZORDER BY. Vous pouvez spécifier plusieurs colonnes pour ZORDER BY sous forme de liste séparée par des virgules.
En revanche, si une colonne fréquemment utilisée dans les filtres présente une faible cardinalité (un nombre limité de valeurs distinctes), il est préférable d’opter pour le partitionnement.
Par exemple si vous travaillez avec une colonne à faible cardinalité, comme region avec 10 valeurs distinctes, le partitionnement est idéal. Il permet de diviser physiquement la table en partitions distinctes, ce qui limite le scan uniquement à la partition concernée lors d’une requête. En revanche, pour des colonnes à forte cardinalité, comme user_id avec des millions de valeurs, partitionner deviendrait inefficace en raison du grand nombre de partitions créées. Dans ce cas, il est préférable d’utiliser ZORDER BY, qui réorganise les blocs de données physiquement sur disque en fonction des colonnes fréquemment filtrées.
- VACCUM : La commande VACUUM est essentielle pour maintenir les performances des tables Delta en supprimant les fichiers obsolètes. Lorsqu’une table Delta est modifiée (par exemple, lors d’une suppression ou d’une mise à jour), les fichiers correspondants ne sont pas immédiatement supprimés pour garantir la tolérance aux pannes et la conservation des versions historiques.
2. Utilisez la Modélisation en Étoile dans Power BI
Pourquoi une Modélisation en Étoile ?
Dans Databricks, l’architecture médaillon (Bronze, Silver, Gold) joue un rôle essentiel dans la structuration des données avant leur utilisation dans Power BI. La couche Gold, qui contient les données préparées et optimisées pour l’analyse, est une base idéale pour construire une modélisation en étoile. Cela permet de transformer des tables structurées et agrégées en modèles exploitables dans Power BI, tout en conservant la scalabilité de Databricks en amont.
La modélisation en étoile facilite ensuite la création de rapports dynamiques et optimisés, tout en simplifiant les requêtes SQL et en réduisant les temps de traitement dans Power BI.
Elle se fait en suivant cette structure :
- Tables de faits : contiennent les données transactionnelles (ventes, clics, etc.).
- Tables de dimensions : contiennent les attributs descriptifs (produits, clients, etc.).
Cette structure améliore la lisibilité et optimise les performances des requêtes.
Bonnes Pratiques :
- Évitez les relations complexes : Limitez les relations « Many-to-Many ».
- Ajoutez des colonnes calculées dans Databricks : Réalisez les calculs lourds dans Databricks pour soulager Power BI.

3. Exploitez le Mode Dual dans Power BI pour des Performances Flexibles
Qu’est-ce que le Mode Dual ?
Le Mode Dual est une fonctionnalité unique de Power BI qui permet à une table d’être utilisée à la fois en mode DirectQuery et en mode Import. Cela offre une flexibilité exceptionnelle, car les visuels qui nécessitent des performances rapides peuvent exploiter les données importées, tandis que les visuels interactifs accèdent aux données en temps réel via DirectQuery.
Bonnes Pratiques pour le Mode Dual :
- Identifiez les bonnes tables à mettre en Dual :
- Tables de dimensions légères fréquemment utilisées dans des relations multiples (par exemple, Dates, Produits, Clients).
- Tables contenant des agrégations globales ou fréquemment filtrées.
- Minimisez les données à importer : Filtrez les tables avant leur importation dans Power BI pour réduire leur taille. Par exemple :
- Optimisez les tables de dimensions : Les tables de dimensions en mode Dual doivent être bien structurées et de taille raisonnable pour bénéficier des performances du cache local.
Exemple :
| Type de Table | Nom de la Table | Description | Mode d’Import |
| Table de Faits | Delivery_Status | Données en temps réel des livraisons | DirectQuery |
| Table de Dimension | Warehouses | Liste des entrepôts avec leurs localisations | Dual |
| Table de Dimension | Carriers | Informations sur les transporteurs | Dual |
| Table de Dimension | Dates | Calendrier statique pour les analyses temporelles | Import |
Conclusion : Exploitez au maximum votre combinaison Databricks et Power BI
En suivant les pratiques décrites dans cet article, vous pourrez maximiser les performances et la flexibilité de vos intégrations entre Databricks et Power BI. De l’optimisation des tables Delta à l’utilisation du Mode Dual, en passant par la surveillance active des performances, ces stratégies vous permettront de répondre à des besoins analytiques complexes tout en garantissant une expérience utilisateur fluide. N’hésitez pas à nous faire part de vos retours si ces conseils vous ont été utiles, ou si vous souhaitez partager vos propres astuces et expériences avec Databricks et Power BI !